passer ses écrits prepa en province ?
Point concours : pourquoi passer ses écrits hors de Paris ?

Choix stratégique des prépas parisiennes ? Grapillage de points ? Des professeurs moins exigeants en province ? Nombreuses sont les théories qui essaient d’expliquer la migration massive des préparationnaires vers des centres d’examens non parisiens lors des écrits. Mais quelles en sont vraiment les causes ?

Confort et organisation
Ce choix relève en fait principalement d’un souci d’organisation et de confort. En effet bien que la BCE propose de choisir « Paris » comme lieu d’examen, il faut y lire « Paris – Banlieue ». Or ce secteur dénombre de nombreux centres d’examens et l’affectation à un centre ne se fait pas en fonction de l’adresse de résidence fournie* (Cf encadré « précisions » en fin d’article). Ainsi beaucoup d’étudiants ont la mauvaise surprise d’avoir un centre à l’opposé de chez eux (à Noisy le Grand par exemple). En conséquence les préparationnaires qui avaient choisi Paris doivent faire un choix difficile : séjourner dans un hôtel à côté du centre d’examen ou affronter les capricieux transports parisiens pour aller aux épreuves, va-et-vient fatigant et souvent pénalisant pour les candidats. On peut donc constater que, sauf coup de chance, passer ses concours à Paris peut se révéler très stressant.
Au contraire les centres hors de Paris sont bien moins nombreux, et certaines villes telles qu’Orléans ou Amiens n’en ont qu’un seul. Ainsi en choisissant une ville de province comme lieu d’écrit, le préparationnaire peut connaitre l’adresse de son centre à l’avance, ce qui représente des avantages majeurs en termes d’organisation : choix de l’endroit de résidence, évaluation des temps de trajet, etc… De plus les centres d’examens sont souvent plus petits ou du moins plus « humains » : il y a moins de chance de passer son concours dans une grande salle d’examen de type Villepinte.

La légende de la notation plus souple

« J’ai passé mes premiers écrits à Versailles ma plus haute admissibilité fut ICN, en année de khube je me suis exilée à Reims pour les concours et j’ai eu l’EM Lyon »

Justine (ancienne étudiante de La Sup’ Prépa).

Malgré des explications concrètes la légende selon laquelle « passer son concours en province permet d’avoir une meilleure note » persiste. Celle-ci n’est pas totalement infondée. En effet s’éloigner de Paris c’est aussi s’éloigner des bonnes prépas parisiennes et des élèves qui y passent leur concours. Ainsi en s’éloignant des très bons élèves, les candidats de province réduiraient leur chance de se retrouver dans un paquet rempli de bonnes copies et éviteraient ainsi d’être notés trop sévèrement, notamment dans des matières à dissertation telles que l’économie et la culture générale où les copies sont comparées entre elles pour être notées. Et il est donc vrai que, malgré l’affirmation d’un brassage des copies au niveau national, on peut souvent constater une différence de notes entre les centres de Paris (également Versailles et Lille) et de province.

Parce que c’est bon pour le moral

Passer ses années de classe préparatoire dans une bonne prépa amène souvent les élèves à s’enfermer, sans s’en rendre compte, dans l’idée que tous les autres ont un très très bon niveau. Or ce n’est pas le cas ! Nombreux sont les élèves mal préparés aux épreuves de la BCE. Ainsi éviter les fortes concentrations de bons élèves en allant passer ses concours dans une petite ville de province permet bien souvent de re-la-ti-vi-ser. Parce que oui, certains élèves partent au bout d’une heure de maths EDHEC. Oui, beaucoup ne passe pas les épreuves des trois parisiennes. Et donc non, viser le top 6 n’est pas la norme, c’est déjà excellent. Ne pas être entouré de bêtes de concours, mais au contraire remarquer que son voisin a aussi des difficultés aide à ne pas baisser les bras pendant une épreuve. Passer ses concours en province permet d’être plus serein.

« Moi je voyais des candidats partir au bout d’une heure d’épreuve, c’est là que je me suis rendu compte que j’étais bien préparée et que j’avais quand même beaucoup à donner. Pendant les écrits l’aspect psychologique joue beaucoup. »

Morgane (ancienne étudiante à Sainte Croix de Neuilly).

Pour conclure, partir en province permet de mettre toutes les chances de son côté. Mais il faut souligner que passer ses concours hors de Paris n’aura pas d’effet miracle, une bonne préparation et un bon état mental restent essentiels. Et on peut même supposer que si les copies sont effectivement bien brassées les bons résultats des candidats de centres de province sont alors dus à un meilleur environnement durant les épreuves (moins stressant) plutôt qu’à une notation moins stricte.

Précisions
Attention, le choix d’affectation ne tient pas compte du lieu de résidence du candidat si le centre possède assez de place pour accueillir tout ceux souhaitant y passer leurs examens (d’où le côté aléatoire de l’affectation parisienne puisque les centres n’affichent jamais complets). Par contre en cas de surplus de demande par rapport au nombre de places disponibles, la BCE sélectionne alors en priorité les élèves les plus proches du centre en question, en fonction de l’adresse qu’ils ont renseignée pour leur inscription au concours. Ainsi choisir une ville comme lieu d’examen ne garantit pas d’y être pris. En cas de rejet du premier choix du candidat la BCE lui propose, souvent par mail, une place dans l’une des villes restantes (Paris, Lille ou Saint Etienne dans la majorité des cas). Ainsi mieux vaut être prudent et appliquer ces conseils : – pour un élève qui étudie à Paris mais qui souhaite revenir passer ses concours dans sa ville de province, il faut impérativement donner l’adresse du domicile de province à la BCE pour s’assurer une place prioritaire en cas de centre d’examen complet. – pour les non provinciaux, se renseigner à l’avance sur la capacité d’accueil des centres (en appelant l’établissement par exemple) permettra d’éviter de choisir un centre trop souvent complet et ainsi de réduire la possibilité de refus du choix.

 

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